samedi 6 juin 2026

ESPACE I


ESPACE I 



C'est sur la base d'une miniature "JPS" que j'ai réalisé et monté ce Renault Espace.
A l'époque, ce modèle n'existait pas encore chez Universal Hobbies. 
J'étais très heureux de pouvoir compter cet exemplaire dans ma collection.
Ce qui est amusant, c'est de noter sur le socle sous la voiture la mention : 
 - Renault Matra Espace !
C'est une version Turbo DX avec deux toits ouvrants.






L'ère : 1979 - 1981

En 1979, Philippe Guédon, PDG de Matra Automobile, est soucieux de trouver des successeurs aux Bagheera et surtout à la Rancho sur les chaînes de montage. Une idée l’intéresse en particulier : il s'agit de transposer le concept du « van » américain au marché européen. En effet, à la suite d’un voyage aux États-Unis, il acquiert la conviction que l’avenir de l’automobile passera par l’apparition de véhicules récréatifs familiaux et ludiques. Le succès de la Rancho l'a conforté dans son opinion. Matra passe peu à peu de son image de constructeur de véhicules sportifs à celle de constructeur de véhicules décalés.

Le « dessin orange »

Philippe Guédon confie à Antoine Volanis, styliste des Bagheera (phase 2), Rancho et Murena, le soin de lui faire une proposition. En un week-end, il crée ce qui sera connu sous le nom de « dessin orange ». Les formes sont élégantes, dynamiques, personnelles ; loin de l’image utilitaire du van américain. C’est une automobile à trois portes avec une conduite avancée au-dessus des roues avant. On retrouve le toit rehaussé de la Rancho avec la galerie sur la partie basse. Philippe Guédon s'empresse de présenter le concept à Jean-Luc Lagardère qui l'accepte et l'encourage dans cette voie.

Matra fera évoluer le concept dans deux directions :Le P17 est une voiture beaucoup plus compacte que le P16. La longueur passe de 4,18 m à 3,84 m, et l’empattement fait 2,52 m. Cette piste n’est pas retenue, le véhicule n'étant pas considéré comme assez habitable.
Le P18 mesure quant à lui 4,18 m de long avec un empattement de 2,60 m. Le porte-à-faux avant le fait paraître plus large que l'Espace. Le P18 arbore une moquette qui remonte sur la planche de bord. Il adopte la motorisation 1592 cm³ de 92 ch de la Murena 1.6.

En octobre 1981, la carrosserie est définitive, des évolutions sont imaginées : fourgon, pick-up,... En cas d'insuccès de la berline, sa conversion en utilitaire serait possible.

Toutefois, Peugeot se remet du rachat de Chrysler Europe (rebaptisé Talbot) et manque de trésorerie. La priorité est donnée au lancement de la 205 et Peugeot refuse le projet. Il est ensuite proposé à Citroën : le P18 basé sur la plateforme de la BX devient le P20. Aucune suite n'est donnée.

Quitte ou double

C'est alors que Philippe Guédon joue son va-tout pour sauver son entreprise et noue des contacts avec Renault par le biais de son ami Christian Martin, directeur du produit de la marque au losange.

Le projet devient P23 en octobre 1982, il évolue beaucoup, d’une part parce qu'Antoine Volanis a quitté Matra, et d’autre part, parce que la base que Matra utilise est celle de la Renault 18, une traction avant à moteur longitudinal (la Solara et la BX ont un moteur transversal). L’empattement est réduit à 2,55 m, le porte-à-faux avant est allongé. Le P23 emprunte son train avant à la Fuego (proche de la R18). Il est présenté à Bernard Hanon, PDG de Renault, au directeur technique et au directeur du produit de la régie par Philippe Guédon en décembre 1982.

Bernard Hanon, PDG de Renault, est séduit car il connaît les États-Unis et l’engouement qu’y connaissent les vans aménagés. Il déclare : « C’est la voiture à laquelle on aboutira naturellement lorsque l’on aura dépassé toutes les vanités automobiles ».

Une idée révolutionnaire

Les formes du P23 sont assouplies chez Renault et les prototypes d’avril 1983 arborent les formes quasi définitives. L’étude d’une version utilitaire donne l’idée de valoriser ce plancher plat en utilisant des sièges démontables. Auparavant, toutes les autres études avaient une banquette classique. Ainsi apparaît la caractéristique la plus révolutionnaire de cette automobile : la modularité de son habitacle. Cette idée, insufflée par Renault à Matra, constitue certainement un atout maître dans le succès phénoménal de l'Espace.

La Matra P23 devient Renault Espace

La mise au point doit s’accélérer pour un lancement au printemps 1984.

En juin 1983, Renault et Matra signent un accord de coopération prévoyant « l’étude et la fabrication par Matra, à partir d’organes mécaniques Renault, de véhicules commercialisés par le réseau européen de Renault ».

En janvier 1984, les modèles de présérie sortent des chaînes Matra à Romorantin. Les modèles de série sont fabriqués à partir de mars 1984. La Matra P23 est codifiée chez Renault « J11 ».La voiture peut transporter jusqu'à 7 personnes grâce à ses 2 ou 3 rangées de sièges indépendants.
Modulable à souhait, on a le choix entre la fonction transport ou, à l'heure de la détente, la configuration d'un salon confortable avec sièges pivotants.
La partie arrière peut se transformer en quelques instants en vaste surface de chargement.
Conçu et fabriqué par Matra, et commercialisé par Renault sous le nom (bien choisi) d'Espace, le véhicule cumule les avantages de l'utilitaire léger et de la berline de tourisme, au prix d'un design carré particulier.
On peut, à l'arrêt, retirer les cinq sièges arrière ou n'en disposer que trois et créer un salon en faisant pivoter les sièges avant.
La surface vitrée est importante et contribue à faire de la voiture Renault un véritable espace de vie.


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